BL 2

BL 2
BL 2 - avril 2021

vendredi 1 avril 2011

Aperçu extérieur d’un abri « Type » (Rixensart - Wavre - Leuven)


BB3

Ces abris tactiques, conçus pour résister aux projectiles d’artillerie de 150 mm, étaient construits pour l’emploi exclusif de mitrailleuses. Ils comportent deux embrasures de tir d’un angle de balayage de maximum 38°. Chaque embrasure était protégée par un volet blindé extérieur. Tous ces volets ont disparu, il ne reste que les gonds !
BL7, angle de tir de 38°
BL7, angle de tir de 20°
BL6 : il ne reste que les gonds !
Les bouches de tir étaient équipées de réductions d’ouverture en bois, ce procédé permettant d’éviter les ricochets vers l’intérieur. Quelques bunkers ont conservé cet équipement.

BB1 : réductions d'ouverture
BB8 : réductions d'ouverture
Une gaine d’observation, du même angle de visée de celui de l’arme en batterie devait permettre les observations de tir.
BB2 : des rebords en béton
Les gaines d’observation et les embrasures étaient munies de protections contre le ruissellement des eaux :  des rebords en béton ou des lames en acier (du BL6 au BL9)
BL9 : des lames en acier
Chaque abri était généralement doté de quatre gaines lance-grenades pour la défense rapprochée.
BB8 : Quelques détails
Les sorties des gaines de ventilation ne doivent pas être confondues avec les sorties extérieures des gaines lances-grenades. Elles sont de plus petite taille, habituellement couplées par 2 sur un axe vertical et placée à proximité immédiate des embrasures de tir.
(NB : en ce qui concerne le BB8 (photographie ci-dessus), on peut visualiser une gaine de ventilation dans l'axe de la cheminée de ventilation, cet emplacement est unique et n'a pas été retouvé sur d'autres abris du secteur).

BB1 : Sortie de gaine lance-grenades
et sortie de secours murée
BL8 :  Sortie de gaine lance-grenades
Une cheminée (chauffage?) débouche en toiture au niveau du sas d’entrée. D'une grande fragilité, ces tuyaux en éternit ont pour la plupart, été brisé après-guerre.
BL10 : cheminée brisée

LW9 : une cheminée restée "intacte"
BL6 : Autre cheminée, presque intacte

La porte d’entrée principale était constituée d’une grille en acier avec à l’arrière une plaque d'acier de 3 mm d'épaisseur. Ces deux parties pouvaient être ouvertes séparément. La grande majorité de ces portes et autres pièces métalliques (volets blindés, tables de tir,…) furent enlevées par l’occupant pour la refonte !

BL5 : emplacement de la porte P1
Porte P1
Source : Denkschrift über die belgische Landesbefestigung -
 Oberkommando des Heeres - Berlin 1.10.1941.
Porte P1 du Sb2

Trois bunkers situés dans une pente en périphérie du bois de Laurensart à Grez-Doiceau ont un accès à l’arrière par un puits muni d’une trappe avec échelle ou échelons.

LW13
LW14, puits vu de l'intérieur

LW15
 Le BB 6 est seul à avoir une entrée sur le toit avec accès par échelons dans un puits.

BB6

Il faut savoir qu’initialement le BL2 et le BL4 auraient aussi du être équipé d’une entrée sur le toit mais que les configurations du terrain ont entrainé des modifications.
Le BL2 a une entrée "classique" sur l’arrière et le BL4 est le seul à bénéficier d’un couloir d’accès avec protection en toiture.

BL4
En cas de blocage de la porte d’entrée, l’abri disposait d’une porte de secours de petite taille (0.60 m x 0.60m).il s’agissait un empilement de poutrelles de chêne ( ou métallique ?) sur deux rangées.
BL10 : Porte de secours murée + sortie gaine lance-grenades
Les poutres étaient placées dans les interstices sur les parois latérales et ne pouvaient être retirées que de l'intérieur. A l’extérieur elle était recouverte d’un couche de ciment ou de brique (selon le camouflage)
BB2 : porte murée, puits perdu, sortie de gaine
lance-grenades et sortie de secours (cimentée)
Puits perdu pour les eaux usées était placés devant la porte d’entrée.
BB3 : Porte murée et puits perdu
Sur la plupart des bunkers du secteur, un encorbellement protégeait  les bouches de tir du ruissellement des eaux et des orillons de tailles et formes diverses et variées protégeaient les bouches de tir au niveau du mur opposé à l’entrée.
BL4 : orillon et encorbellement
Pour conclure le chapitre on mentionnera les Crochets qui avaient déjà été abordés dans le chapitre intitulé : Camouflage des abris ... (Archives du blog décembre 2010)

Sources :
http://www.bunkergordel.be/
Robert Pied : «Wavre, centre antichar et les défenses environnantes sur la ligne KW 1939-1940».Tome I Publication du Syndicat d'initiative de Wavre.

mercredi 2 mars 2011

Gros plan sur le LW 16 et les actions d'éclat du Lieutenant Annand


Parc de Laurensart (Gastuche)
Le LW 16, situé dans le parc de Laurensart en bordure de la Dyle, a l'avantage d'avoir conservé des traces de son camouflage par peinture sur béton. Il s'agit d'un abri bétonné à toit plat (comme le LW 8 - voir Archives du blog : février 2011) qui a comme  particularité d'avoir ses deux bouches de tir dans le même axe.

Plan de la 4e D.Gn.F. (fin 1939 ?)

Au loin, le LW 16 vu du pont de Laurensart
 sur la Dyle

LW 16, côté Est

Embrasure murée, côté Est

Vue de l'embrasure côté Est

LW16, Côté Nord :
Entrée murée et sortie de secours

LW 16, côté Ouest

Reliquat de camouflage en  peinture sur béton

Embrasure côté Ouest

Vue de l'embrasure côté Ouest

LW 16, côté Sud

Détails :
Traces de camouflage (peinture sur béton)
et sortie (bouchée) d'une gaine lance-grenades

Traces de camouflage et de tirs

LW 16, côté Sud

LW 16, côté Sud-Est

LW 16 côté Nord : sortie de secours,
gaine lance-grenades obturée et "traces" de camouflage

Sortie de secours
Plan initial ( + indications)

Salle de combat N°1 : bouche de tir (M),
 affût "Chardome"(support en demi-lune et tige filetée),
gaine de ventilation, volet de fermeture de gaine lance-grenades,
tablette (mur droit) et ouverture de gaine d'observation(Ob)

Salle de combat N°1 : bouche de tir,
 affût "Chardome"(support en demi-lune et tige filetée),
volet de fermeture de gaine lance-grenades
et ouverture de gaine d'observation
Salle de combat N°1 : volet de fermeture de gaine
lance-grenades et ouverture de gaine d'observation
Salle de combat N°1 : Etagère en acier galvanisé
et ouverture obstruée de la meurtrière (P)

Passage de la salle de combat N°1 à la N°2

Tablette pour chargeur de bandes (mitrailleuse)

Salle de combat N°2 : bouche de tir (M),
  tige filetée, gaine de ventilation, volet de fermeture de
gaine lance-grenades et ouverture de gaine d'observation(Ob)


Salle de combat N°2 : sortie de secours, étagères
 et  volet de fermeture de gaine lance-grenades 

Emplacement de la porte P2 (manquante)

Pont de "Laurensart" en 2011
(NB: le pont détruit en 1940 était en bois)
UN MAI D'ENFER POUR LE LIEUTENANT EN SECOND ANNAND

Les 14, 15 et 16 mai 1940 ce pont était défendu par le 2ème bataillon du Durham Light Infantry (2ème DLI), le Lieutenant en second, Richard « Dickie » Wallace Annand, était au commandement du peloton déployé de part et d’autre de celui-ci.(voir Archives du blog : février 2011)

Mortier léger "2 inches"
Source : http://commandos-fnfl.ifrance.com
Durant la nuit du 14 au 15, une attaque allemande fut repoussée par les tirs de précision de la compagnie D du 2ème DLI. Lors de cette attaque le Lieutenant en second Annand se rendit compte qu'il n'avait plus de communication avec le LW  16 et il partit en reconnaissance. 
Il fallut attendre plus de deux heures pour qu'il réapparaisse.
Le Sergent Terry O'Neil, qui a perdu son bras droit lors de ces combats, se rappelle:
We had come to the conclusion that they had got him when something that I found hard to recognise came crawling in. He looked as though he had been having an argument with a wild cat. His clothes were torn to shreds and he was cut and bruised all over. How he got there and back only he knows, because he had the fire of our own troops as well as Jerry's. I don't suppose he knows the meaning of fear. He never asked a man to do anything he couldn't do himself. He wouldn't talk much about it. He wasn't that kind. [Citation : http://www.independent.co.uk/news/obituaries/capt-dickie-annand-vc-705513.html]
Le 15 vers 11h00 du matin, les Allemands lancèrent une nouvelle offensive. Sous le feu de l’ennemi, le Lieutenant en second Annand, qui avait épuisé ses munitions, n’hésita pas à disperser les Allemands en lançant des grenades au delà du pont en ruine.
A lui seul il tua une vingtaine d’Allemands avant d’être lui-même blessé. Soigné sommairement, il resta au commandement de son peloton.

Soldats allemands - Belgique mai 1940
http://news.webshots.com/album/390133215TMLWno?start=12

Au cours de la soirée, l’ennemi tenta de traverser le pont sous le couvert de tirs intenses de mortiers et de mitrailleuses. Une nouvelle fois, le Lieutenant en second Annaud s’avança armé de grenades vers le pont que les Allemands tentaient de reconstruire !
Le sergent du Peloton, T. O’neil, expliquera plus tard :
 Our position on the south side of the River Dyle was at the bottom of a long forward slope with a large wood to our rear. The road leading to the bridge which had been destroyed was alongside our left hand section and the ground between the bridge and our own position was perfectly open. On the night of 15th May, Mr Annand came to me at Platoon Headquarters and asked for a box of grenades as they could hear Jerry trying to repair the bridge. Off he went and he sure must have given them a lovely time because it wasn't a great while before he was back for more. Just like giving an elephant strawberries.[Citation : http://www.durham-johnston.durham.sch.uk/index.php?option=com_content&view=article&id=114&Itemid=82]

Soldats allemands - Belgique mai 1940
Source : http://batailles-1939-1940.historyboard.net/t923-la-bataille-sur-la-meuse
A propos de cette attaque nocturne, le Sergent Major de la compagnie D de la 2ème DLI écrivit par la suite :
In they came with a vengeance and weren't they socked with a vengeance... They seemed determined to get that bridge and therefore reinforcements were simply piled up with casualties... Jerry couldn't move old 'D'! We had casualties, especially 16 Platoon, but they were wonderful. Mr Annand, Batty, Wood, Surtees - they just went mad. Jerry got up to the other side of the bridge to their sorrow; they must have thought they had demons in front of them... For two hours it was hell let loose, then Jerry gave it up and withdrew." [Citation : http://www.durham-johnston.durham.sch.uk/index.php?option=com_content&view=article&id=114&Itemid=82]
Soldats Allemands à bord d'un canot pneumatique - mai 1940
Source : http://sturmpionier.skyrock.com/2.html


Malgré le fait que le 2ème DLI tenait toujours la position, la situation devenait critique car l’ennemi avait traversé la Dyle à divers endroit et que le dispositif français avait été percé au sud, près de Sedan.
Finalement, l’ordre fut donné d’abandonner le pont à l’ennemi et les compagnies décrochèrent progressivement des positions à partir de 1h30 du matin.
La stèle sur le pont de "Laurensart"
Si les combats livrés du 14 au 16 (le long de la Dyle entre Florival et Ottignies) n'ont pas changé le cours de la guerre, ils laissent néanmoins plus de 600 morts sur le terrain et environ 1.500 blessés, toutes nationalités confondues. 
Pour la défense de ce pont, le 2ème DLI perdit au moins 28 hommes!
Stèle en mémoire du sacrifice
de trente-cinq soldats britanniques
Pour ces actions d’éclat, le lieutenant en second Annand recevra la première Victoria Cross de la seconde guerre mondiale, la plus haute distinction militaire de l'armée britannique .
 Second Lieutenant Annand
Source:
http://durhamlightinfantry.webs.com
[ London Gazette, 23 August 1940 ],
River Dyle, Belgium, 15 - 16 May 1940, Second Lieutenant Richard Wallace Annand, 2nd Bn, The Durham Light Infantry.
“For most conspicuous gallantry on the 15th-16th May 1940, when the platoon under his command was on the south side of the River Dyle, astride a blown bridge. During the night a strong attack was beaten off, but about 11 a.m. the enemy again launched a violent attack and pushed forward a bridging party into the sunken bottom of the river. Second Lieutenant Annand attacked this party, but when ammunition ran out he went forward himself over open ground, with total disregard for enemy mortar and machine-gun fire. Reaching the top of the bridge, he drove out the party below, inflicting over twenty casualties with hand grenades. Having been wounded he rejoined his platoon, had his wound dressed, and then carried on in command.
Richard Annand's platoon sergeant said later "Mr Annand came to me at platoon headquarters and asked for a box of grenades as they could hear Jerry trying to repair the bridge. Off he went and he sure must have given them a lovely time because it wasn't a great while before he was back for more".
During the evening another attack was launched and again Second Lieutenant Annand went forward with hand grenades and inflicted heavy casualties on the enemy. When the order to withdraw was received, he withdrew his platoon, but learning on the way back that his batman was wounded and had been left behind, he returned at once to the former position and brought him back in a wheelbarrow, before losing consciousness as the result of wounds.”


Sources:
Robert Pied : «Wavre, centre antichar et les défenses environnantes sur la ligne KW 1939-1940».Tome I Publication du Syndicat d'initiative de Wavre.
Robert Pied : «L'Enfer de la Dyle». Mai 40. Tome II .Publication du Syndicat d'initiative de Wavre.